Thème abordé : Gestion des services et Bientraitance
Dans le cadre de leurs missions les délégué-es ont un regard approfondi dans le fonctionnement des structures avec lesquelles ils travaillent. Ces regards leur permettent de déceler des dynamiques qui pourraient être comme des freins dans les communications et traitements de situations de maltraitance potentielle ou avérée. Nos réflexions ne se limitent pas sur une seule de nos organisations ou sur une situation précise mais sont plus des apports pour lancer des questionnements et cherchent à augmenter la sensibilité par rapport à la Bientraitance.
Aujourd’hui, nous souhaitons porter l’attention sur le style de gestion qui se montre fondamental pour créer une attitude Bientraitante à tous les niveaux des organisations. C’est la dynamique managériale qui peut créer, soit un support pour la Bientraitance, soit dans le cas inverse un terrain propice à des maltraitances de la part des professionnels à tous les niveaux hiérarchiques.
Nous partons du constat qu’une personne en difficulté, voire en impuissance, est plus à risque de faire un geste non- ajusté voire transgressant ou maltraitant. Il est important que le gestionnaire s’engage à lui donner le meilleur cadre de travail possible s’il désire réduire ou exclure des situations abusives envers ses bénéficiaires.
Nous aimerions déjà citer les domaines suivants :
- La recherche de la mise à disposition d’un cadre de travail le plus fonctionnel possible: (Espace, immobilier, mobilier et logistique adaptés à la mission du professionnel)
- Un horaire de travail pour les salarié-es qui permet de respecter un temps de récupération, privatif, pour se ressourcer, combiné à une organisation de travail qui permet d’accomplir la mission de la meilleure façon possible.
- La reconnaissance des personnes : il est important de faire un travail d’appartenance avec les bénéficiaires et transporter cette attitude à tous les niveaux. Il nous semble clair que la façon de communiquer et d’organiser les missions, ensemble avec les équipes devient crucial. Toutes les personnes – salariés, bénéficiaires et familles – devraient être prises en considération pour les décisions et les projets au maximum possible.
- La transparence des procédures et des conséquences appliquées par rapport à des manquements ou difficultés de toute sorte. Nous sommes conscients qu’un chacun peut être au cours de l’exercice de sa fonction dans des situations où il/elle aurait manqué du meilleur jugement possible ou souhaitable. Ceci compte selon notre appréciation pour la très grande majorité des professionnels du social. C’est tout simplement une réalité humaine. La transparence doit permettre le mea-culpa. Ceci implique aussi un mea-culpa éventuel du chef de file ou du gestionnaire, qui parfois aurait demandé de trop de ses équipes, ou aurait communiqué de manière inadéquate, voire blessante par rapport à des subordonnés. Une telle attitude (Celle de la considération du mea-culpa) permettrait de transporter la bientraitance au centre de notre communauté, aussi bien chez les professionnels que chez les bénéficiaires. Une indulgence qui ne reste pas figée ou légère dans ses appréciations, mais permettrait de parler de ce qui ne va pas, de trouver la parole, l’expression au-delà des peurs et de la honte pour un acte questionnable.
Les directeurs des organisations membres du dispositif connaissent cette difficulté et ont insisté sur une politique de zéro- tolérance par rapport à la maltraitance (CF : Charte de la Bientraitance sur ce site). Et ici, la clarification est de dire qu’aucun acte ne doit rester dans l’ombre, que CHAQUE situation devrait être vue, relatée, analysée et traitée afin que cette dynamique d’organisation apprenante permette de ne plus refaire une faute de cet ordre.
L’apprentissage qui va avec permet de passer vers une culture d’entreprise Bientraitante qui permet d’assurer au bénéficiaire que tout est mis en place afin qu’il puisse se sentir sûr dans l’environnement que les acteurs sociaux lui proposent.
Pour votre réflexion personnelle :
Est-ce que je sais toujours tout dire à mes collègues ou à mon chef?
Qu’est- ce qui me retient ou pourrait me retenir de le faire ?


